Mélenchon, Hassan et la normalisation du haïssable

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En France, l’antisémitisme n’a jamais disparu : il a simplement changé de visage
On aime se raconter que la France est « le pays des Lumières », que l’affaire Dreyfus appartient au passé, que la Shoah est devenue un vaccin moral. C’est faux. L’antisémitisme n’a jamais cessé d’être un courant souterrain de la vie politique française. Il change d’expression — hier catholique, hier encore d’extrême droite, aujourd’hui largement d’extrême gauche et islamisé — mais il reste l’un des invariants de la nation. Qu’on le veuille ou non, il constitue une donnée historique inéluctable du paysage français. Rima Hassan et Jean-Luc Mélenchon ne l’ont pas « créé » : ils l’ont simplement légitimé, réactivé, remis dans le champ du dicible.

La lutte « contre l’antisémitisme » en France est devenue un théâtre moral, pas une stratégie efficace
Défiler chaque année lors d’une « marche contre la haine », multiplier les campagnes ministérielles, afficher la définition de l’IHRA dans les bibliothèques, financer quelques programmes éducatifs… tout cela donne bonne conscience, mais ne réduit strictement rien. Ce n’est pas un déficit d’éducation qui pousse une partie de la jeunesse française à acclamer le Hamas ou à croire que les Juifs contrôlent les médias : c’est un mélange de ressentiment social, de mythologie révolutionnaire et de haine importée des conflits du Moyen-Orient. On ne « rééduque » pas cela avec un clip du ministère de l’Intérieur. On ne raisonne pas une passion morbide. La France entretient l’illusion pédagogique parce qu’elle ne veut pas admettre que la haine est devenue structurelle dans certains milieux.

En France, l’antisémitisme de gauche est un compliment involontaire
Si la galaxie Mélenchon – Hassan – LFI haisse autant les Juifs, ce n’est pas malgré ce qu’ils représentent, mais à cause de ce qu’ils représentent : une fidélité à une tradition millénaire, un lien indestructible à un peuple et à une terre, une mémoire qui refuse de s’effacer, une responsabilité individuelle qui rend impossible les excuses collectives et les fantasmes révolutionnaires. Le judaïsme embarrasse parce qu’il rappelle la nécessité d’une morale objective, d’une dignité humaine non négociable, et qu’il refuse les idoles que la gauche radicale adore : les mouvements totalitaires, les identités victimaires, les « causes sacrées » exemptées de tout jugement. Le rejet des Juifs est donc l’aveu implicite que la présence juive déstabilise les conformismes idéologiques.

Il faut cesser de chercher la bienveillance d’une société qui ne veut plus l’offrir
La tentation permanente de « prouver » la contribution juive à la République, de rappeler les décorations militaires, les génies littéraires, les réussites scientifiques, ou de répéter que « les Juifs sont de bons citoyens », est une impasse. Dans la France actuelle, plus la communauté juive montre sa réussite, sa résilience, son patriotisme, sa discrétion, plus cela nourrit la jalousie, les fantasmes et le ressentiment. Les Juifs n’ont rien à démontrer. Ceux qui les détestent ne cesseront pas de les détester parce qu’ils font des efforts supplémentaires. Il faut arrêter de mendier la sympathie d’un public dont une partie s’est déjà radicalisée.

Se recentrer sur la vitalité juive plutôt que sur l’opinion française
La seule réponse saine face à la montée d’une France Insoumise décomplexée, face aux démonstrations de haine quasi quotidiennes, n’est pas de chercher des alliances ou des validations extérieures. C’est de renforcer la vie juive elle-même :

  • des écoles juives solides, accessibles, pédagogiquement ambitieuses ;
  • une philanthropie juive massivement orientée vers la communauté ;
  • des médias, des podcasts, des plateformes culturelles juives attractives ;
  • une vie intellectuelle juive vivante : livres, podcasts, cours, conférences ;
  • des infrastructures communautaires autonomes, capables de résister aux tempêtes politiques.

« Construire sa propre table » est plus efficace que d’espérer, encore et encore, être invité à celle des autres.

Les leçons de l’histoire française et l’urgence du moment actuel
Chaque fois que les Juifs de France ont cru être définitivement acceptés — sous Napoléon, sous la IIIᵉ République, dans les années 1990 — les illusions ont été brutalement brisées. Les communautés qui ont renoncé à leur vigilance, qui ont relâché leur instinct de survie ou ont cru aux promesses d’universalité abstraite, ont payé un prix terrible.
Après le 7 octobre 2023, la réaction française — rassemblements pro-Hamas, élus LFI glorifiant des criminels, profanations, violences — a servi d’électrochoc. Le mythe d’une « intégration achevée » a explosé. Ce moment n’appelle ni à la panique ni à l’assimilation, mais à une renaissance juive sereine, consciente, fière, prête à déplaire s’il le faut.


En résumé : il faut changer de matrice mentale.
Cesser de vouloir convaincre les antisémites, de chercher leur validation ou de croire que la France d’aujourd’hui redeviendra miraculeusement celle d’hier ; il faut accepter la permanence de la haine et transformer cette réalité non pas en désespoir, mais en énergie pour renforcer la vie juive, l’éducation, la culture, la sécurité et l’autonomie.

Le combat n’est pas de se faire aimer, mais de continuer à prospérer.

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